Parlons un peu du Coach

15/02/2019

Tout bon professionnel convient que, pour bien exercer un métier, il faut être en bonne possession des facultés personnelles exigées par celui-ci. Prendre soin de soi est donc un souci déontologiquement nécessaire. Un chirurgien qui est malade n'opère pas, un pilote d'avion qui souffre de la vue ne pilote pas son appareil, un thérapeute ne soigne pas quelqu'un de sa propre famille pour veiller à la neutralité, etc.

Tout le monde en convient. Mais, dans le cas du métier de coach, notre récente profession oscille entre deux visions assez différentes de la place qu'elle accorde à la personne du coach
dans l'exercice du métier :


  • Dans une première vision, le coach se veut un bon professionnel, au sens où « il sait ce qu'il ne faut pas faire », et n'est donc ni un amateur ni un charlatan. Il se veut neutre, le plus possible, extérieur à la problématique qu'il traite chez le client. Il utilise donc un questionnement pertinent, la reformulation, l'écoute rogérienne, etc. La personne du coach n'apparaît pas, sinon dans la façon qu'elle a de mener l'entretien. Ce qu'elle ressent face à la personne du client et sa problématique n'est pas utilisé, et ce qu'apporte le client et qui fait écho dans la personne du coach n'est pas pris comme matériau de travail. Les coachs qui ont cette approche du professionnalisme estiment ne pas avoir besoin de « travail thérapeutique » puisqu'ils ne se servent pas de leur propre personne.

  • Dans la seconde façon de considérer le métier, le coach estime que sa personne intervient inévitablement, et de façon majeure. Il s'en sert donc abondamment, et est en particulier très attentif à l'écho que provoque en lui ce qui se passe chez la personne coachée. Cette façon de mener un coaching est, à notre avis, bien plus riche et efficace que la première. En contrepartie, le coach doit assumer l'inévitable subjectivité de l'utilisation de sa propre personne, c'est-à-dire être le plus possible au clair avec lui-même. Il s'efforce en particulier de veiller à ce que sa propre structure psychique ne lui joue pas de tours. En conséquence, il accepte l'exigence d'un travail thérapeutique soutenu, préliminaire à l'exercice du métier et, encore mieux, de façon permanente.

Dans cette façon d'exercer le métier, le coach  travaille  en prenant en compte la  personne qu'il
est. Il est attentif à la relation qu'il établit avec le coaché, à la similitude de problématique entre lui  et  son  coaché,  à  ses  réactions  physiques,  émotionnelles,  tandis qu'il travaille. Toute sa personne est impliquée. Cette implication nécessite qu'il  ait un lieu thérapeutique pour  pouvoir
continuellement éclaircir ses problématiques.

La  seconde  approche  nous  semble  plus  subtile, plus  respectueuse du client et, de fait, plus exigeante en professionnalisme indéniablement, car le métier vu de cette façon est plus difficile à exercer, à apprendre, et donc à enseigner.